On ne m'a pas demandé mon avis, mais je le donne…

…Quelques traces…

   Mar 07

De la cohérence et du courage !!!

Ce mercredi 6 mars au Parlement Wallon, la matinée est occupée par un débat sur la perte de 1600 emplois à Caterpilar (Charleroi). L'après-midi est consacré à un débat sur le nouveau cadre éolien, proposé par le gouvernement wallon suite à  la proposition des ministres ECOLO. Le matin, tous les partis montrent une belle façade unanime au moins sur le fait qu'il faut redynamiser notre économie. L'après-midi, on a entendu les arguments les plus fallacieux, les propos les plus mensongers pour tenter de faire croire que le nouveau cadre éolien va appauvrir la Wallonie, ses entreprises et ses habitants.

Quand une entreprise ferme et que des travailleurs perdent leur boulot, tout le monde appelle à une stratégie industrielle pour donner un nouveau souffle à notre prospérité. Mais je n'entends jamais d'orientation proposée pour initier cette nouvelle dynamique. D'aucuns, comme Jeremy Rifkin, indiquent la nécessité d'une troisième révolution industrielle et en proposent même quelques éléments fondateurs.

En Wallonie, le plan Marshall 2.vert constitue une amorce de stratégie coordonnée pour s'engager dans cette voie. Quelques caractéristiques relevantes: l'innovation et la créativité, l'installation d'une véritable écologie industrielle, le soutien à la recherche/développement, la transformation de notre politique énergétique vers un plus grand recours au renouvelable et vers une meilleure efficacité énergétique, la transformation "culturelle" qui par les pôles de compétitivité amène les acteurs économiques et académiques à travailler ensemble pour développer des projets, …

Oui, les écologistes proposent le développement durable, la lutte contre les dérèglements climatiques et la sauvegarde de la biodiversité comme épine dorsale de la troisième révolution industrielle, avec des mesures concrètes, pragmatiques, réalistes, courageuses,innovantes…

Nos adversaires (dont certains sont pourtant partenaires dans le gouvernement qui s'est doté d'un contrat clair et ambitieux que nous respectons scrupuleusement) plutôt que de débattre dans un esprit constructif, jouent un jeu politicien de dénigrement systématique, en utilisant tantôt des contrevérités, tantôt des demi-vérités. L'objectif pour eux est de faire croire à tout prix que les solutions vertes sont inopérantes, ne sont qu'une expression idéologique sans fondements et sans aucune chance de réussite. Plus grave encore, certains remettent même en cause les constats scientifiques (les dérèglement climatiques) qui nous incitent à remettre en question les options précédentes et nous poussent à proposer des voies nouvelles… Ils oublient que ce n'est pas nécessairement celui qui crie le plus fort qui a raison. Ils oublient de proposer des solutions concrètes aux problèmes concrets que vivent nos concitoyens. Ils oublient que la responsabilité du mandataire politique est de créer un cadre qui permet à la population de vivre bien. Ils oublient que cette responsabilité ne se mesure pas au prochain résultat électoral mais par la vie qui sera celle des générations futures…

A ceux-ci, qu'allons-nous leur laisser ? (JL Aubert)

Pour ma part, je refuse de renoncer à cette responsabilité, je refuse la médiocrité d'une petite guéguerre où l'égologie remplacerait l'écologie, je refuse de renoncer aux combats qui m'animent depuis plus de trente ans. Alors à vous, écologistes ou non, je vous relance cette invitation à un véritable débat démocratique, alimenté par des arguments sérieux, honnêtes. Un débat constructif qui nous amène à prendre nos responsabilités en concrétisant des solutions durables pour créer en Wallonie, en Europe et partout ailleurs, une société faite de justice où chacune et chacun puisse vivre bien, en paix et dans une prospérité équitablement répartie !


   Fév 05

Découverte de Deezer

Eh oui… Moi aussi je sais faire une "playlist"… Et l'ajouter sur mon blog wordpress. Je vous offre quelques titres que j'ai beaucoup écoutés durant les années '80. Et même encore après. 😉  Bien-sûr il a fallu faire un choix. J'ai voulu limiter à 15 titres. A vous maintenant le plaisir de les réécouter voire de les découvrir. Et puis, pourquoi pas, poussez la curiosité à écouter les albums complets. Bientôt d'autres décennies. Enjoy !


   Déc 31

Mes voeux pour 2013…

Mains et couleurs

Nous sommes le 31 décembre. Il est de tradition de souhaiter le meilleur pour l'année qui va démarrer. Il me semble que singulièrement en temps de crise, il est important de donner à cette formule tout le poids de sincérité, d'attention et de pertinence qu'il est nécessaire.

Il me semble qu'il ne suffit pas de simplement céder à la tradition alors que bon nombre d'entre nous, humains sur notre planète terre vivent des moments dramatiques ou en tout cas de grandes difficultés.

Vous souhaiter à toutes et tous une bonne année, c'est surtout formuler le voeu que les plus fragiles d'entre nous trouvent de bonnes raisons d'espérer en se voyant proposer des pistes solides pour améliorer leur quotidien. La grande aventure humaine, passionnante au demeurant, ne peut se satisfaire des inégalités, du trop peu de solidarité, du manque de libertés pour bon nombre d'entre nous… Parce qu'une bonne part de notre destinée est commune, je formule aussi le voeu que nous puissions trouver de meilleures harmonies avec notre environnement naturel et que celui-ci permette à toutes et tous de nous épanouir dans la dignité et ce quelle que soit notre origine sociale, géographique ou culturelle…

Qu'en 2013 nous puissions améliorer la vie du plus grand nombre !

 

 

PS: En prime les voeux d'ECOLO :


   Sep 27

A St Georges-sur-Meuse, vivifier la démocratie est devenu un enjeu majeur…

 

Des élections pour quoi faire ?

Tous les six ans, les conseillers, bourgmestre et échevins rendent les clefs de la maison communale aux électeurs, ainsi appelés à désigner leurs nouveaux élus (jusqu'en 2018 cette fois). Cela semble banal pour nous qui sommes habitués à la démocratie.

Pourtant… En Syrie, en Chine, en Corée du Nord, en Iran, ce droit élémentaire est réduit voire refusé à des populations entières.

La démocratie reste le meilleur système pour garantir l'intérêt général. Bien-sûr, c'est un modèle politique toujours perfectible… Ceci dépend de nous tous, électeurs et élus d'en améliorer tant les règles que le fonctionnement quotidien. Elle est donc un patrimoine vivant dont nous sommes tous responsables là où nous sommes, là où nous agissons.

 

Chez nous – A St Georges.

Notre démocratie belge est construite autour de l'idée que personne n'a raison tout seul ! Elle invite au débat, à la confrontation parfois, puis à la synthèse entre les différents points de vue. Cela a donné un système électoral à la proportionnelle et l'établissement de coalitions après le vote.

ECOLO a des représentants au Conseil Communal de St Georges depuis 2001.

Depuis 2006, sur les 17 sièges de ce conseil, 14 sont occupés par des élus issus du même parti (Ensemble, une alliance Cdh+MR+Indépendants). C'est le résultat des urnes et nous nous inclinons devant la volonté populaire…

Majorité, opposition, à chacune ses responsabilités spécifiques. Quand une opposition est peu nombreuse, cette responsabilité spécifique est d'autant plus forte. Il s'agit de contrôler le bon fonctionnement de la commune dans tous les domaines, de faire des propositions complémentaires ou alternatives, de faire valoir d'autres points de vue pas nécessairement relayés par le groupe majoritaire. Toute démocratie implique le respect des minorités. Sans opposition, pas de démocratie et nous sommes fiers d'avoir assumé cette tâche avec courage, avec talent, avec entrain et dans un esprit constructif, même si ce ne fut pas facile du fait de notre petit nombre.

 

Qu'ont-ils fait de votre vote ?

Une majorité à ce point écrasante est un fait assez rare en Wallonie. On pourrait croire que cela rend la gestion d'une commune plus facile « pas besoin de perdre du temps en vaines discussions »… En réalité, le refus de débattre avec l'opposition et même de débattre en public nous éloigne de la bonne gouvernance. « Ils sont restés entre eux » témoignait un de nos concitoyens rencontré récemment.

Il y a des idées intéressantes dans tout groupe mais le silence de la plupart des conseillers de la majorité dans quasi tous les dossiers nous a surpris, inquiétés même, et nous avons du constater qu'une majorité à ce point écrasante s'étouffait sous son propre poids. Au détriment du débat démocratique.Il y a, oui, de quoi être inquiets…

 

Vous avez les clefs !

La bonne santé de la démocratie à St Georges dépend de vous, électeurs !

  • Vous pouvez changer de majorité.
  • Vous pouvez renforcer l'opposition et lui permettre d'assurer son rôle dans de meilleures conditions.

Nous sommes prêts aux deux options, parce qu'au-delà des projets que nous défendons, nous sommes viscéralement attachés à une démocratie vivante.

 


   Juin 07

Séminaire sur l’économie verte organisé par le WWF… Mes conclusions…

Bonjour à toutes et tous,

 

Je tiens d'abord à vous remercier de m'avoir invité, et vous féliciter d'avoir organisé cette journée. Il me semble très important de démultiplier les réflexions, les débats, les exposés et échanges d'expériences sur cette dynamique de l'économie verte.

La journée a été riche de constats et de questionnements. On a entendu des craintes, voire des résistances. Vous avez beaucoup travaillé et écouté les divers intervenants, d'ailleurs de qualité, je vais tenter de ne pas être trop long pour ces conclusions.

Une certitude : il va falloir « faire autrement », c'est un constat, c'est une nécessité, d'ailleurs largement démontrée par de nombreux experts et scientifiques (un exemple : le rapport du GIEC). Notre planète et ses ressources sont limitées et l'usage que nous en faisons met notre propre survie en danger. Par ailleurs, je partage le choix d'une société où la justice (y compris la justice sociale) et l'équité sont au cœur des politiques publiques. Justice et équité, singulièrement dans l'accès aux ressources et au bien-être ou à la prospérité…

Une incertitude : comment faire? S'il y avait une solution toute faite, qu'il suffirait d'appliquer, cela se saurait et serait sans doute déjà concrétisé. Ce n'est pas le cas. Certes, cela peut être une source d'insécurité pour bon nombre d'entre nous et de nos concitoyens. Cela nécessite une nouvelle approche culturelle : il s'agit d'imaginer, de construire de nouveaux paradigmes, de réinterroger notre conception du développement humain et d'évaluer en permanence les solutions que l'on imagine et met en œuvre…

Nous n'échapperons pas à ce rapport complexe entre la certitude qu'il faut « faire autrement » et l'incertitude quant aux méthodes, objectifs et pistes d'action à construire.

L'économie verte est UNE piste. Peut-être parmi d'autres… Mais soyons clairs, il ne s'agit pas de se contenter d'un « green washing » incapable de répondre aux défis qui sont face à nous.

Si l'on veut agir concrètement et efficacement, diverses conditions sont nécessaires. Il s'agit de modifier le rapport entre les trois composantes du développement durable, pour rappel :

  • permettre une prospérité réelle (dimension économique)

  • pour toutes et tous, répartie équitablement (dimension sociale)

  • et qui intègre les questions environnementales et les limites de notre planète.

Cela nécessite d'innover (pas seulement sur le plan technologique), de créer, d'imaginer, d'inventer, bref de libérer nos esprits, notre imagination, notre créativité. Cela nécessite aussi de tester, de confronter, de remettre en question, les solutions imaginées. Cela nécessite de déployer les solutions pertinentes, de mener une contagion culturelle, mais aussi d'établir des balises, des normes, des labels. Cela pour permettre que les choix souhaitables en fonction des enjeux rappelés plus avant, soient les choix retenus par la population.

Un orateur l'a indiqué, et ces moyens sont au cœur du dispositif de l'économie verte: la stratégie générale à mettre en place intègre la reconnaissance et la valorisation (qui ne peut se confondre avec une valorisation marchande) du capital vert, de verdir tous les secteurs clefs de notre économie mondialisée, de mobiliser les capacités financières et d'améliorer la gouvernance.

Cette stratégie doit se traduire dans l'ensemble des activités, qu'elles soient industrielles, économiques, sociales, culturelles, associatives, éducationnelles, etc.

Pour être concret et à titre d'exemple, permettez à un élu de la région liégeoise, de faire référence à un enjeu qui nous touche particulièrement : l'avenir de notre sidérurgie. Il reste pertinent que l'on produise de l'acier dans nos régions, par exemple pour construire les trams, les trains et les éoliennes destinées à répondre à nos besoins d'énergie et de mobilité. Mais par ailleurs la production d'acier provoque une émission très importante de CO². Des solutions ont été élaborées en laboratoire pour réduire de manière très significative ces émissions. Un des défis qui se pose aujourd'hui est de traduire ces procédés en processus industriels opérationnels, sécurisés et pérennes. Le défi qui se pose à nous est de transformer cette crise en opportunité et ainsi mieux répondre aux défis qui nous réunissent aujourd'hui. Nous y travaillons même si la solution n'est pas simple à mettre en œuvre.

Cette stratégie nécessite également que nous disposions d'indicateurs divers nous permettant de vérifier comment évaluent divers paramètres comme les inégalités sociales ou l'impact des activités humaines sur notre environnement naturel. Ces indicateurs doivent répondre non seulement à l'exigence de nous renseigner sur l'état à un moment donné de la situation qu'ils indiquent mais aussi et surtout sur l'évolution de ces situations. Car il s'agit, fondamentalement de réorienter notre économie.

Quelques exemples concrets ont été exposés par les intervenants au cours de la journée : Bornéo, Bruxelles, Gent…

Permettez à un élu wallon d'enrichir ces apports concrets de l'expérience menée an Wallonie actuellement. En insistant sur les Alliances « Emploi-Environnement » processus équivalent à l'expérience bruxelloise exposée, bien évidemment, mais surtout en mettant en exergue l'apport qu'une force politique qui a su, grâce à son impact électoral, amener à une réorientation de la stratégie de développement initiée par le gouvernement wallon. Rappelez-vous, en 2005, la mise en place d'une stratégie mieux connue sous la dénomination « plan Marshall ». Si nous avions salué positivement cette initiative, nous avions indiqué qu'elle souffrait de deux manques : la prise en compte des contraintes environnementale et l'amélioration (radicale, d'ailleurs) de la gouvernance publique. Chacun se souviendra que la Wallonie a connu lors de la législature précédente de nombreuses difficultés à cet égard. Le « plan Marshall 2.vert » rencontre précisément ces deux enjeux : réorienter l'économie et améliorer nettement la gouvernance. Ceci pour indiquer que c'est aussi à travers les rapports de force politiques que les avancées positives se feront (ou pas, si ce rapport de forces nous est défavorable).

L'économie verte est donc une étape dans un processus de transition vers un « autre chose » qui reste à définir tout en construisant le chemin pour y parvenir. Pour cela il nous faut être tout à la fois pragmatiques et idéalistes… Je nous souhaite de réussir cette alliance complexe et ce rendez-vous avec les générations futures.

Merci pour votre attention.


   Jan 20

Mon statut Facebook :

Un peu de temps pour FB… Bon ou mauvais signe ? 😉


   Oct 26

Crise, crise, crise…

Crise financière, crise environnementale, crise économique, crise de confiance… L'accumulation des dossiers difficiles en Wallonie, en Belgique, en Europe et ailleurs donne le vertige… Et d'aucuns veulent faire encore un peu plus ce que l'on sait qui ne fonctionne pas (et même renforce la crise)… Cela suffit.

Indignons-nous ! Engagez-vous !

Un premier acte en signant la pétition suivante: http://www.poureviterleffondrement.fr/


   Oct 12

Sidérurgie liégeoise.

Ce mercredi 12 octobre au Parlement Wallon, nous tenions un débat difficile sur la situation plus que préoccupante de la sidérurgie liégeoise. Quelques heures plus tard, la rumeur circulait d'une fermeture définitive de la "phase à chaud". L'exigence de définir une stratégie et de la défendre durablement que j'indiquais dans mon intervention devant le Parlement Wallon est d'autant plus forte si en effet cette fermeture est décidée.

 

Voici le texte en support à cette prise de parole :

 

 

 

Madame la présidente,

Monsieur le Ministre,

Chères collègues,

Chers collègues

 

 

 

Nos débats de ce jour en sont une illustration forte. Notre monde est en crise et les vérités d'un jour, ne sont plus celles du lendemain, ce qui provoque auprès de larges pans de notre population de l'inquiétude, du stress, de l'angoisse, de la colère, voire du désespoir. Les conflits et les inconnues que le secteur sidérurgique vit pour le moment en sont un témoignage particulièrement éclairant. D'une lumière qui fait mal aux yeux.

Oui, la situation sociale dans le bassin sidérurgique liégeois est très tendue et même si l'arrêt de travail de plusieurs jours a été interrompu hier, les tensions et les inquiétudes restent vives. De nombreux indicateurs en attestent. Non seulement les carnets de commande s'allègent, nous dit-on, la phase à chaud est à nouveau à l'arrêt sans perspective claire de reprise d'activité pour celle-ci, la confiance entre direction et travailleurs est au plus bas. …Quelques constats parmi d'autres…

Mon collègue Bernard Wesphael a porté, à juste titre, son interpellation sur l'appréciation que vous faites de cette situation, sur les rapports de force en présence ainsi que la nécessité d'ancrer notre sidérurgie liégeoise dans un cadre européen.

On peut en effet se poser la question de l'évolution quasi idéologique des propriétaires d'arcelormittal. N'est -on pas face à un glissement d'un projet industriel vers un projet essentiellement financier ?

Je souhaite pour ma part concentrer mon intervention vers une autre dimension de cette situation. De quels moyens disposons-nous et pour quoi faire ?

Rappelons-nous. Lors de la décision de fermeture de la phase à chaud par Arcelor des moyens importants avaient été programmés pour organiser, accompagner et mettre en œuvre un vaste projet de reconversion industrielle, économique, urbanistique et environnementale. Un travail important avait d'ailleurs été entamé, tant avec les acteurs économiques, sociaux et politiques du bassin industriel mosan qu'avec les habitants, par exemple de Seraing. Ceci avait permis des perspectives encourageantes d'une nouvelle étape dans le développement de notre région, même si la reconversion n'est jamais un pari gagné d'avance,

Puis… Nous nous sommes tous réjouis de la décision de finalement maintenir et remettre en action les haut-fourneaux B et 6 et ce faisant ré-envisager un avenir pour la phase à chaud de la sidérurgie liégeoise. Ce qui a permis l'engagement de centaines de travailleurs qui s'en est suivi. La demande d'acier était forte, les nouveaux propriétaires de l'ancien Cockerill-Sambre exploitaient au maximum les outils disponibles pour satisfaire cette demande.

Depuis. La crise économique qui a suivi la crise financière de 2008 a tout remis en cause. Les outils de la phase liquide liégeoise, comme d'autres en Europe, semblent être conçus comme des instruments de flexibilité ( qui ne servent qu'en période de haute conjoncture) et non comme des outils structurels de la production d'acier. Pourtant des promesses de réinvestissement pour moderniser ces outils ont été formulées. Par ailleurs le groupe Arcelormittal réalise des bénéfices très importants.

Nous avons pas mené de multiples combats depuis l'hiver '60 pour que la Wallonie puisse prendre son destin en main… Ce n'est pas pour admettre que notre bassin sidérurgique liégeois ne serait plus qu'une variable d'ajustement au sein d'un groupe mondial et dépendant d'une stratégie où notre voix est inaudible… Etre une simple variable d'ajustement, un outil de flexibilité, n'est ni mobilisant, ni apte à satisfaire nos aspirations, pas plus que cela n'est digne tant pour nos travailleurs que pour notre population.

Les récents accords qui refondent « la nouvelle Belgique » ont, parmi d'autres enjeux, balisé dans le temps les fameux transferts financiers. Nous avons dix, voire vingt ans (cela peut paraître long, c'est en réalité très court) pour redéployer efficacement l'économie wallonne et faire en sorte que notre capacité à produire des richesses puisse assurer les nécessaires dépenses qui nous permettront de relever les défis qui se posent à nous: le vieillissement de notre population, la formation et la mise à l'emploi de nos jeunes, les perturbations climatiques et les migrations de populations qui en découleront inévitablement, pour n'en citer que quelques uns…

C'est dire si nous sommes confrontés à la fois à l'urgence mais aussi à la nécessité de ne pas faire d'erreurs. Nous disposons de moyens, mais ils ne sont ni illimités, ni disponibles plusieurs fois. Nous n'avons pas droit à l'erreur !

Précisément, Monsieur le Ministre, de quels moyens disposons-nous ?

Je l'ai indiqué. A l'époque où nous devions envisager une vie sidérurgique sans phase à chaud, des moyens et des structures avaient été mobilisés pour financer et organiser la reconversion (industrielle, urbanistique, sociale) et le déploiement d'activités, dans la sidérurgie mais aussi dans d'autres secteurs. Que reste-t-il de ces outils et moyens. Restent-ils disponibles, si oui lesquels et à quelle hauteur. Reste-t-il des éléments éventuellement dormants que l'on peut remobiliser ?

A plusieurs reprises ces dernières années, des engagements clairs du groupe Arcelor-Mittal ont été exprimés pour moderniser et réorienter certains outils du bassin liégeois. Où en sommes-nous dans ces investissements ? J'entends que certaines installations pourtant considérées jusqu'il y a peu comme parmi les plus performants au monde, se dégradent par manque d'entretien ou des nécessaires investissements devant les maintenir à leur haut niveau de sécurité et de productivité. Qu'en est-il ? Quels moyens d'évaluation avons-nous pour l'établir ? Que nous disent Messieurs Mittal père et fils ?

Le bassin sidérurgique liégeois c'est environ 200 chercheurs mobilisés sur la mise au point de nouveaux process et nouveaux produits. C'est à ce point essentiel que d'aucuns estiment que notre sidérurgie liégeoise a 20 ans d'avance sur ses concurrentes. Raison de plus pour ne pas se satisfaire de n'être qu'une simple variable d'ajustement.

Il y a peu un rapport dit « Laplace-conseil » a produit un état des lieux sur lequel nous avons appuyé quelques décisions importantes destinées à moduler l'avenir.

Depuis plusieurs années les pouvoirs publics ont dégagé des moyens financiers et humains importants. D'aucuns sont d'ailleurs prêts à nous le reprocher aujourd'hui estimant que nous reproduisons les erreurs du passé en maintenant en vie des outils sans avenir. C'est parce que nous, écologistes, ne partageons pas ce point de vue, que nous voulons indiquer clairement que le courage politique est de mise. Il nous faut aujourd'hui pousser la réflexion stratégique plus avant. Quels sont les atouts, et les faiblesses, les opportunités et les freins de notre bassin sidérurgique liégeois, au sein d'une sidérurgie européenne et d'une économie mondialisée ? Au sein d'un groupe mondial, ou faut-il envisager d'en sortir ? Quel rapport de forces pouvons-nous construire entre acteurs concernés par l'avenir sidérurgique liégeois, mais aussi avec des partenaires au sein d'un espace européen pour faire entendre notre voix aujourd'hui inaudible ? Nous allons devoir produire des réponses pertinentes et durables à ces questions. Une fois de plus il nous faut nous remettre autour de la table, redéfinir une stratégie gagnante avec l'ensemble des acteurs concernés, qu'ils soient issus du monde syndical, patronal, financier, économique, académique ou politique. Une fois de plus cette réflexion stratégique doit être entamée qui permettra dans un premier temps de vérifier la viabilité des outils, leurs besoins de modernisation et dans un second temps de fixer des options claires. Car ce que les travailleurs et les forces sociales, économiques et politiques liégeoises ont voulu, ce n'est pas l'agonie mais une renaissance de la production d'acier. Mais si c'est l'agonie qui est tout de même et finalement au rendez-vous, alors nous devrons nous remettre à organiser la transition vers une autre sidérurgie dans le bassin liégeois et obtenir des propriétaires actuels qu'ils assument leurs responsabilités sociétales. Il ne s'agit pas ici de plaider pour une option face à une autre, mais d'exiger que les options choisies, rapidement mais en fonction d'une analyse objectivée, partagée par l'ensemble des acteurs soient suivies, durablement, des effets concrets que nous aurons choisis.

C'est pourquoi, Monsieur le Ministre, il nous semble urgent d'actualiser l'étude Laplace-conseil au regard de ce que nous connaissons depuis deux ans (peut-on considérer que la phase à chaud est opérationnelle quand un haut fourneau a fonctionné 10 mois en 5 ans ?) puis de mobiliser tous ces acteurs concernés pour enfin définir les axes stratégiques durables et prendre les décisions que nous aurons programmées à travers cette stratégie concertée. C'est notre responsabilité et notre crédibilité politique qui sont en jeu ici. Les écologistes sont prêts à participer non seulement à la réflexion, à la poursuite des efforts et assumer les choix que nous déterminerons à partir de cette réflexion stratégique dont l'urgence ne fait aucun doute.

Certes, nous attendons tous les réponses que vous nous apporterez ce jour, mais notre attente est plus forte encore vis-à-vis des réponses que nous pourrons construire dans les jours, semaines et mois qui viennent.

 

 

 

Réplique (après intervention du Ministre).

Merci, Monsieur le Ministre pour les réponses que vous avez bien voulu apporter. Vous me permettrez de relever la phrase suivante, que vous avez prononcée : « Même si c'est difficile, il faut être clair ». J'y vois un écho positif à l'exigence que j'ai posée de faire preuve de courage politique. Les travailleurs, dont les représentants sont présents aujourd'hui, nous ont largement démontré qu'ils étaient capables de sacrifices. Il est essentiel de donner du sens à leurs efforts tout en construisant, non pas pour un an ou deux des réponses conjoncturelles, mais pour la génération qui vient une capacité de réalisation, durable, structurée et créatrice de dignité.


   Juil 19

Country-Hall : les limites du système…

Très vite après mon entrée en fonctions comme parlementaire, je me suis intéressé à ce dossier. M'inscrivant ainsi dans la continuité du travail entamé par mon parti sous la précédente législature…

De quoi s'agit-il ?

Afin de développer une infrastructure capable d'accueillir des manifestations sportives et culturelles de grande envergure en région liégeoise, le précédent gouvernement (singulièrement le ministre Daerden) a échafaudé un montage complexe réunissant la province, l'intercommunale SLF et la communauté au sein d'une société commerciale (Société de gestion de Bois Saint Jean) chargée de faire vivre cette structure… Admettons même que cette société ne produise pas d'intérêts, au minimum elle est sensée équilibrer ses comptes. La communauté à hauteur d'un million d'euros et la province à hauteur de 750.000 € financent chaque année cette société en échange de la faculté d'utiliser quelques jours sur l'année cette infrastructure. Signe clair du soutien important desdits pouvoirs publics.

En outre, un partenariat a été conclu avec une société privée (Covadis) pour l'organisation des manifestations sportives et culturelles, ceci afin de rentabiliser cette salle. Partenaire privé qui fin 2010 a mis un terme unilatéralement à cette collaboration.

Malgré les propos rassurants au moment de mettre en oeuvre ce montage, les pertes s'accumulent d'année en année au point qu'actuellement on estime la perte cumulée à plus d'un demi million d'euros. Précisons qu'on attend l'approbation des comptes par l'assemblée générale pour considérer ces chiffres comme définitifs et officiels.

La situation est telle qu'on peut envisager la liquidation de cette société (mise en faillite), au regard du droit des sociétés… Mais cela aussi risque de coûter très cher aux pouvoirs publics, de par l'entrelacement de conventions et obligations mutuelles diverses mises au point sous l'autorité du Ministre Daerden…

Parmi toute une série de comportements qui posent question, il y a évidemment la légèreté avec laquelle la gestion de cette société commerciale (même si les capitaux sont d'origine publique) a été effectuée.

Oui, je dénonce.

Oui, je considère que la responsabilité de ceux qui ont monté cet invraisemblable assemblage et de ceux qui n'ont pas été à la hauteur gestionnaire requise est clairement engagée et qu'ils devront rendre des comptes. N'en déplaise à ceux-là qui voudraient que l'on taise, que l'on cache, qu'on laisse tout cela en l'état et que finalement les pouvoirs publics continuent de combler les abysses creusés par d'incorrigibles incompétents sans demander de comptes à ceux-ci… Je continuerai donc à suivre ce dossier, à réclamer que chacun prenne ses responsabilités et, donc, à faire mon boulot de parlementaire…

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