On ne m'a pas demandé mon avis, mais je le donne…

…Quelques traces…

   Nov 08

« Relancer l’économie »

Le consensus a l'air total autour de ce concept. Sans doute poussés par la situation de crise profonde et les caractéristiques les plus visibles de cette crise, bon nombre de politiques, d'économistes et autres acteurs concernés par le devenir de notre société, pensent avoir trouvé dans ce slogan la formule magique à évoquer pour tenter de faire croire qu'ils peuvent maîtriser la situation et construire l'avenir, bref donner de l'espoir à notre population.

Quelle illusion !!!

Car « relancer » l'économie sans en changer radicalement un grand nombre de caractéristiques, sans réorienter les programmes et objectifs sera une échec et amplifiera même ce dont nous souhaitons tous sortir. Ce que nous vivons n'est pas seulement une crise budgétaire et économique supplémentaire, c'est aussi une crise sociale (la perte de liens et de solidarités est gigantesque), une crise de confiance dans notre destin commun, une crise du climat (le GIEC par exemple vient encore de nous le rappeler), une crise de la biodiversité mais aussi (ce n'est que très rarement évoqué) une véritable crise culturelle et d'identité…

 

S'il veut soigner un malade, un médecin pose d'abord un diagnostic sûr et complet, consulte éventuellement des collègues aux expertises complémentaires, procède à diverses analyses… Il en va de même pour les sociétés malades, nous devons, collectivement, poser un diagnostic fiable et qui prend en compte les multiples dimensions de nos sociétés. Et c'est ce qui se passe à travers les diverses études du GIEC, de certaines ONG, la prise en compte de certains indicateurs comme l'évolution du niveau de pauvreté, ou des écarts entre hauts et bas revenus, ou simplement en observant l'évolution des budgets publics. Cette démarche est éminemment politique… Puisqu'il s'agit d'ancrer dans le réel notre regard et les propositions de solutions que nous portons…

L'exigence première : la cohérence.

Si nous portons un regard sur notre monde qui s'ancre dans le réel et donc prend en compte sa complexité, nous ne pouvons nous contenter d'agiter quelques simplismes en tentant de faire croire que l'on sera efficace. Je ne peux donc me satisfaire de slogans vantant « la relance ». Je suis au contraire persuadé que si le moteur de notre économie est en panne et crache de nauséabondes fumées noires et in fine nous conduit dans le mur, c'est bien parce qu'il n'est pas le bon moteur adapté à notre véhicule… Autrement dit, quand une société produit à ce point de l'exclusion sociale, des inégalités entre ses membres (inégalistés qui d'ailleurs s'accroissent avec la crise), des risques majeurs pour la survie de notre humanité sur cette planète, quand l'économie telle qu'elle fonctionne depuis de très nombreuses années est le vecteur essentiel de ces inégalités, de ces exclusions et de ces atteintes graves à notre planète (or, rappelons que nous n'en avons pas d'autre à notre disposition), c'est que cette manière là de faire de l'économie n'est pas la bonne.

Relance ? Non : réorientation radicale (en revenir aux racines)…

L'exigence est donc de faire de l'économie autrement et avec d'autres objectifs… Ce n'est d'ailleurs pas un constat ou une proposition totalement nouvelle. Rappelons-nous que devant les dérives de la société industrielle naissante durant le 19ème siècle, certains penseurs proposaient en alternative au capitalisme classique qui inscrit l'économie dans une compétition sans fin, de favoriser plutôt des modes de production et de développement économique basés sur la coopération. D'autres encore proposaient de prendre comme référence non pas « la » demande (identifiée par « le » marché) mais des besoins des populations pour accéder au bien-être. Que l'on évoque les besoins primaires comme se nourrir, se chauffer (surtout sous nos climats dits « tempérés »), se loger, se soigner ou être connectés à nos semblables (« l'homme est un animal social ») ou des besoins plus liés au confort de vie ou à des enjeux plus facultatifs mais néanmoins tout aussi légitimes…

Positifs et volontaires…

Le véritable enjeu de notre temps si nous voulons sortir de ces multiples crises, c'est bien de changer le moteur de notre économie, et ceci dans une logique de transition. Ce n'est pas l'immobilisme ou le conservatisme et ce n'est pas non plus la révolution (l'histoire nous indique le cortège de catastrophes humaines que provoquent les révolutions qui s'inscrivent trop souvent dans des logiques de rupture, voire de violence). Cette transition doit nous amener à ne plus dépendre d'une consommation effrénée des énergies fossiles. Cette transition doit nous amener à produire de la nourriture, des logements, de l'équipement qui ne mettent pas en danger notre planète, une partie de l'humanité qui y vit ou même notre propre santé. Cette transitions doit permettre à toutes et tous d'y participer, d'être des acteurs impliqués et inclus dans le destin commun de notre humanité sur la planète terre. Cette transition doit permettre à ceux qui vivront sur cette même planète dans 20, 30, 50, 100 ou mille ans de pouvoir y vivre avec autant de bonheur que ce que nous souhaitons pour nous-mêmes…

 

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